[Interview] Motmaïna Family

Parmi les groupes ayant émergé ces dernières années, Motmaïna Family est parvenu à considérablement se démarquer. Présents lors de l’événement mondial Playing For Change Day, les musiciens ont écumé les scènes de la région, convertisant à leur message musical de paix et d’unité de nombreux amateurs. Sélectioné au terme du processus Music in Tarn, Motmaïna Family a accepté de faire le point…

Comment est né Motmaïna Family ?

Le projet est du à la rencontre de Raouf et Sébastien « Batt man ». MF s’est ensuite enrichi par l’arrivée d’autres artistes rencontrés notamment lors de Jam Sessions. Des rencontres telles qu’on peut souvent en faire dans le milieu de la musique vivante, sauf que le feeling était tellement présent lors de nos rencontres, que nous avons décidé de pousser l’aventure plus loin que de simples bœufs.

L’ascension de Motmaïna Family apparaît comme fulgurante. Aujourd’hui incontournable dans la région, le groupe a écumé de nombreuses scènes. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Notre parcours est le parcours  « classique » d’un groupe. Le fait que l’ascension soit un peu rapide vient peut-être du fait que notre musique est basée sur l’échange et l’idée de rassembler les gens. On a partagé beaucoup de moments sur de grandes scènes comme Pause Guitare ou dans des lieux plus intimes qui nous permettent d’être très proches du public, et si l’on regarde ce que nous avons parcouru, nous avons franchi de belles étapes, poussés par des gens qui nous soutiennent. On espère surtout en franchir d’avantage en 2016, 2017…

Quelles sont les thématiques qui vous sont chères ?

En plus de l’amour et de la vie en général, nos thématiques sont celles de valeurs simples telles que la tolérance, la paix, le partage… Des valeurs que nous connaissons tous mais qu’il est hélas si aisé d’oublier. Nous nous faisons donc un plaisir et un devoir d’ être les porteurs de ces fondamentaux que sont l’amour et la paix. Le contexte actuel prouve qu’il est plus que jamais nécessaire de diffuser ce message.

Comment définissez-vous votre musique ? À première vue, on pourrait la qualifier d’habile mélange de reggae et de folk, en la rapprochant de ce qu’a pu faire Ben Harper. Cependant, vous semblez prendre un malin plaisir à échapper aux étiquettes…

Ce n’est pas qu’on veuille échapper aux étiquettes, c’est juste que les gens ont l’habitude d’en coller une sur toute chose.

Il est difficile de mettre notre musique dans une case. Mais pour simplifier nous dirons que nous avons plutôt des influences folk et qu’on y ajoute notre humeur du moment : pop, world, reggae, blues, rock, jazz, électro…

Pouvez-vous nous parler de votre expérience au FOMAC ?

C’est un grand honneur d’être parmi les quatre groupes sélectionnés dans tout un département. Cela nous apporte beaucoup, nous avons déjà fait quelques super dates grâce à cela, notamment Pause Guitare et la première partie de Debout sur le Zinc. Ce furent des expériences merveilleuses. Il y a aussi des formations sur le booking, une résidence prévue en février à Cap Découverte, avec Franco Mannara comme coach. Tout cela va nous faire énormément progresser.

River Sings, votre excellent album, est sorti en 2014. À quand le prochain ?

Nous sommes en 2016, notre album aura donc deux ans en mars, et il est vrai que l’habitude veuille qu’un groupe sorte un album tous les deux ou trois ans. Nous avons pas mal de nouveaux morceaux, mais nous ne savons pas encore lesquels seront choisis pour le nouvel opus. On souhaite aussi réaliser un disque d’une qualité équivalente voire meilleure que le précédent (musique, production, design…), ce qui demande un peu plus de temps et des moyens financiers conséquents. Mais rassurez-vous, nous dévoilerons tout de même quelques nouveautés en 2016…

Que répondez-vous à ceux qui affirment qu’un groupe français se doit de chanter en français, vous qui mettez en avant des textes en anglais (principalement) ?

Au travers de notre musique nous envoyons aussi un message, et nous souhaitons qu’il soit compris par le plus grand nombre… Et la langue « mondiale » c’est l’anglais. Il faut aussi que cette dernière « colle » avec la musique, c’est pourquoi peut-être demain écrirons-nous en espagnol ou en chinois ? Mais remarquez tout de même que l’album River Sings marie à l’anglais, le français et l’arabe.

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J’évoquais précédemment Ben Harper, mais votre musique recèle à n’en pas douter de nombreuses influences. Des morceaux comme Falling Down semblent par exemple aller puiser leur inspiration du côté de la scène rock des années 60, les Beatles en tête, et même du côté des années 80. Qu’en pensez-vous ?

Tout va bien, c’est normal.

On vient tous d’univers différents et puis les gens qui écoutent ont leur propre culture. Donc ce qui peut faire penser à du Pink Floyd pour les uns, fera penser à Gary Moore pour d’autres. D’ailleurs notre musique n’a pas forcement l’influence de Ben Harper ( à part peut-être le fait que Raouf a une coupe de cheveux similaire et un slide). Par contre il est fort probable qu’on écoute les mêmes artistes et qu’on ait donc des influences proches.

Votre travail en studio démontre d’un grand soin apporté à la production. Comment travaillez-vous l’élaboration de votre musique ?

Il n’y a pas de méthode exacte, en général un membre amène une idée, et chacun se l’approprie. Ce qui prend un peu de temps. Ensuite, on la digère, et au fur et a mesure, nous sélectionnons ce qu’il y a de mieux. C’est l’avantage du groupe : nous possédons une énergie commune car tout le monde est impliqué. Si on enlève un membre, c’est toute la couleur du groupe qui change. Pour la production, on essaye aussi de s’entourer et prendre des conseils de personnes compétentes qui correspondent à nos goûts tels que l’ingénieur du son Luis Mazzoni qui a enregistré notre album River Sings.

Peut-on affirmer que Motmaïna Family est avant tout un groupe de scène ?

Pour nous, la musique est un moment de partage et s’il semble simple de partager une émotion ou un message au travers d’un album, le faire par le biais d’un lecteur CD n’est, convenons-en, pas terrible. Donc oui, MF est un groupe de scène. Il va s’en dire que si tu ne connais que l’album, tu ne connais qu’une des facettes du groupe. Pour comprendre pleinement notre univers, il faut venir à notre rencontre sur scène, car la dimension fraternelle reste notre leitmotiv.

motmainafamily.com

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