[Interview] POLLUX ASSO : «  bouger la ville par la musique »

Au départ association plutôt modeste, Pollux est devenu incontournable. Garante d’un esprit zguen, dont la définition comprend des notions de punk, de rock et de partage, cette structure est à l’origine de plusieurs concerts et événements et bien sûr de l’Xtreme Fest. Et c’est d’ailleurs à l’occasion de la nouvelle édition (du jeudi 2 au dimanche 5 août à Cap’ Découverte) que nous avons posé quelques questions à Vincent de Pollux…

Comment jugez-vous l’évolution de l’association ?

Pollux Asso c’est avant tout l’histoire d’une bande de potes. Tout est parti d’un webzine : le Pollux Magazine, puis nous avons organisé des concerts autour d’Albi, avec des groupes d’amis. Petit à petit, l’association s’est développée et nous avons enrichi la programmation, avec plus de concerts et des styles variés : rock, reggae, électro, rap… Le but n’était plus simplement de se faire plaisir entre nous, mais de faire bouger la ville par la musique. Aujourd’hui, nous essayons de proposer une programmation qui mêle artistes reconnus et scène locale. Nous avons par exemple reçu Giedré, Pigalle ou Manudigital cette année, tout en organisant un tremplin rap avec la MJC ou Carrément Musiques, des concerts gratuits dédiés à la scène locale dans la Cour du Carré Public

Pollux est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs de l’organisation de concerts et de festivals dans la région. Quels sont les défis inhérents à un tel statut ?

Le plus important est de rester authentique et continuer à faire nos preuves. L’enjeu est de proposer une programmation de qualité et d’assurer la meilleure organisation possible, tout restant proche du public. La proximité avec le public et les acteurs de la région est l’enjeu principal, pour ancrer l’association et le festival dans le territoire. Ensuite, il y a des impératifs financiers conséquents : il y a de moins en moins d’aides et de plus en plus de coûts liés à l’organisation de concerts… Arriver à un équilibre budgétaire est donc indispensable à la survie de l’association.

Comment est né l’Xtreme Fest ?

Au départ, nous organisions le Zguen Fest, un festival plus généraliste. Au bout de 5 ans, nous avons voulu créer un festival à notre image, avec du caractère et une identité propre. L’ADN de Pollux Asso, c’est le punk-rock et le metal. Nous nous sommes donc concentrés sur ces styles. En parallèle, des festivals metal ont rencontré un réel succès, notamment le Hellfest, et nous avons eu envie de réunir les passionnés de « musiques extrêmes » du Sud de la France autour d’un festival. L’Xtreme Fest a vu le jour en 2013, avec des groupes comme Comeback Kid ou Suicidal Tendencies pour la première édition. Petit à petit, le festival prend de l’ampleur, rencontre un engouement auprès du public et les équipes s’agrandissent et se professionnalisent. Donc nous sommes sur la bonne voie, même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Pouvez-vous nous parler des temps forts de l’édition 2018 (des éventuelles nouveautés aussi) ?

Cette année, le festival commence jeudi 2 août, avec une soirée gratuite. C’est un moyen de remercier nos festivaliers et faire découvrir le festival aux locaux. Nous voulons montrer aux gens du coins ce qu’est réellement le festival, on est pas juste une bande de sauvage qui vient faire du bruit. Dans cet esprit, nous proposons une programmation toujours très Rock, mais plus accessible avec du rock celtique, de la batucada punk et pour finir le groupe de hard-rock Nashville Pussy.

Au niveau de la programmation, nous avons mis l’accent sur nos styles de prédilection : le punk rock et le hardcore. Cette année, nous recevons des références – comme les Dead Kennedys, The Adicts, Hatebreed, Comeback Kid ou Converge – et des groupes qui émergent au niveau national ou international – les canadiens Get The Shot, qui livrent des performances live impressionnantes, les russes Svetlanas et leur chanteuse hors-normes ou les français Pogo Car Crash Control, qui sont en train d’exploser au niveau national. Enfin, l’Xtreme Fest permet de valoriser la scène locale et nous recevons plusieurs groupes de la région chaque jour.

Au niveau de l’organisation, nous travaillons sur la qualité de l’accueil des festivaliers et de leur séjour. Le camping est toujours gratuit, mais il est plus proche du festival, équipé de toilettes, de douches en dur, de points de recharge électriques, un petit-déjeuner est disponible le matin, il y a des concerts samedi et dimanche matin… Nous proposons également un nouvel hébergement, l’auberge de Cap Découverte, pour ceux qui préféreraient dormir dans une chambre, ainsi qu’un tarif réduit sur les activités du parc de loisirs. Enfin, une grande nouveauté cette année est la mise en place d’un système de paiement par carte cashless plus simple, plus rapide et plus sûr. Pendant le festival, nous voulons proposer une réelle expérience à vivre !

Pouvez-vous nous parler de la saison 2018/2019 ? Qu’est-ce qui se profile à l’horizon ?

Pour la saison à venir, une date dans la salle de l’Athanor est déjà fixée : le concert du rappeur Demi-Portion le 19 octobre, pour la semaine de l’étudiant. Nous organisons également un concert le 13 septembre, avec Orcival et Harry Brown dans la cour du Carré Public. Nous travaillons actuellement sur un projet de visite d’Albi en musique, avec des concerts dans plusieurs lieux albigeois. Le reste de la saison sera dévoilé à la rentrée.

Pour cette nouvelle saison, nous cherchons à valoriser au maximum la scène locale et proposer des concerts accessibles, en termes de tarifs, pour rester proche de notre public. Nous essayons également de regrouper les acteurs locaux pour créer une dynamique collective. C’est dans cet esprit que nous organisons les concerts « Carrément Musiques » avec le Carré Public et la MJC, que nous participons au FOMAC avec l’Adda du Tarn ou qu’Arpèges et Trémolos a fait appel à nous cette année pour le OFF de Pause Guitare.

www.polluxasso.com

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